L'illusion gestionnaire
Grâce à un collègue de son avatar universitaire, Gizmo découvre cet article paru en juin 2006, intitulé "The Management Myth" (en version libre ici, traduit en français dans la dernière livraison de Commentaire). Ce texte jubilatoire montre dans un anglais chatoyant l'inanité des enseignements de gestion. Jugez un peu…
The Management Myth
Matthew Stewart a fondé avec quelques partenaires une société de consultance avec pour tout bagage théorique en management… un doctorat en philosophie allemande du 19ème siècle ! Après avoir exercé pendant sept ans dans cette société, et probablement gagné beaucoup d'argent, il a utilisé son temps libre pour s'imprégner de la littérature en management, comme "retour d'expérience" sur son activité de consultant. Grande fut sa déception. A aucun moment, il ne s'est dit "si seulement j'avais su cela plus tôt !", mais "je ferais mieux de lire Heidegger !". L'article de Matthew Stewart se poursuit sur les fondements historiques du management scientifique, à savoir l'ouvrage pionnier de Frederick Taylor, The Principles of Scientific Management. L'auteur montre que la prétendue science du management n'est qu'un ensemble de prescriptions normatives visant à aligner les performances des ouvriers de la Bethlehem Steel Corp sur celle de dix valeureux moldo-valaches solidement charpentés et d'un néerlandais zélé (déjà, les ravages de l'immigration choisie). Le reste est à l'avenant, Gizmo vous laisse le soin de déguster.
Qu'est-ce que la gestion ?
Dans un réflexe coupable, révélateur de sa fainéantise naturelle (et de la fermeture estivale de sa bibliothèque universitaire préférée), Gizmo s'est tournée vers wikipedia pour rechercher la définition des mots gestion et management. Elle laisse le lecteur juge de l'indigence rédactionnelle de ces entrées et de leurs corrélats… Plus sérieux, le site Paristech Graduate Schools n'est guère secourable, puisque aucun support en gestion ou en management n'est proposé. Seuls des cours de finance ou de comptabilité sont disponibles.
Alors Gizmo fait avec ce qu'elle a : de vagues souvenirs de cours universitaires, des conversations avec des gestionnaires, la lecture de thèses en gestion ou de blogs gestionnaires (celui-ci est assez caricatural, et celui-là mérite un large détour). La gestion n'est qu'un assemblage de mots valises ("compétences clefs", "accord gagnant-gagnant"), de néologismes ("marketing expérienciel"), de jargon faussement savant ("relation dyadique", "organisation apprenante") et de figures géométriques improbables. Le gestionnaire se gargarise de "recherche action" : il faut s'immerger dans l'entreprise (l'association, la collectivité territoriale…) pour la comprendre. Le gestionnaire est un numérologue fanatique de chiffres magiques : les 5 forces de Michael Porter ; les 14 principes de Fayol ; les 5S de la conduite du changement ; les 4 stades de développement de la matrice BCG [1]. Plus navrant encore, les erreurs méthodologiques : combien de thèses présentant un "modèle" qui n'est qu'une collection d'hypothèses ? Lu dans une thèse (peu importe le sujet) : "Hypothèse : la variable X croît avec la variable Y", "Proposition : X dépend de Y" (et ce n'est pas une coquille, puisque l'enchaînement est répété pour les 27 hypothèses du "modèle"). Ceci est élu "galimatias préféré" par Gizmo…
Peut-on être gestionnaire sans être économiste ?
Quel est le fondement du marketing, si ce n'est la différenciation du produit, la discrimination tarifaire auxquelles sont associées des techniques quantitatives (analyses des données et économétrie) ? Sur quoi repose la stratégie, sinon sur l'économie industrielle et des organisations ? Peut-on comprendre la gestion des ressources humaines sans une analyse économique des relations de travail (relations principal-agent, théories du salaire d'efficience, théories de l'appariement) ? Certes on objectera que les relations économiques s'insèrent dans un environnement social et psychologique dont il convient de tenir compte. Mais pour cela, point n'est besoin de gestionnaires, mais de sociologues et de psycho(socio)logues. Restent la recherche opérationnelle, la finance et la comptabilité. La recherche opérationnelle est au confluent de l'économie, de la gestion, de l'informatique et des mathématiques. La finance, de marché ou d'entreprise, n'est pas l'apanage des gestionnaires dans les enseignements universitaires, et encore moins dans les revues académiques de premier plan. Seule la comptabilité peut se revendiquer comme une discipline autonome de l'économie (et pourtant, que de dîners en ville conclus au moment de l'addition par un "tiens, toi qui es économiste, tu vas bien nous faire les comptes !"). Il y a en France et ailleurs une position corporatiste des universitaires en gestion qui revendiquent une utilité sociale que n'auraient pas les économistes : "l'entreprise ne se laisse pas enfermer dans des théories mathématiques", "nous travaillons sur l'humain", "nous apprenons à nos étudiants des savoir-faire opérationnels". Notons que de nombreux gestionnaires sont docteurs en économie, et défendent la "spécificité de la gestion" avec la même vigueur prosélyte que les anciens cyclistes dopés défendent les vertus de l'eau claire... L'econ-bashing est un sport répandu chez les gestionnaires outre-atlantique : voir ici, là, et là pour un hilarant hallali…
Et s'il fallait encore vous convaincre de la supériorité de l'économie sur la gestion…
Hal Varian vient d'être nommé chief economist chez Google. Pour les lecteurs qui ne le connaîtraient pas, Hal Varian est l'auteur des manuels probablement les plus lus en microéconomie, au niveau débutant, intermédiaire, ou avancé. Dans son interview au Wall Street Journal, il soutient l'idée que le marketing est la finance de demain :
"I think marketing is the new finance. In the 1960s and 1970s [we] got interesting data, and a lot of analytic fire power focused on that data; Bob Merton and Fischer Black, the whole team of people that developed modern finance. So we saw huge gains in understanding performance in the finance industry. I think marketing is in the same place: now we’re getting a lot of really good data, we have tools, we have methods, we have smart people working on it. So my view is the quants are going to move from Wall Street to Madison Avenue."
C'est un économiste qui le dit.
[Merci à mon Gizmo provider préféré, chercheur dionysien solitaire.]
[1] Ceci étant, certains économistes ne sont pas en reste : voir le bestiaire proposé dans ce rapport du Conseil d'Analyse Economique.
The Management Myth
Matthew Stewart a fondé avec quelques partenaires une société de consultance avec pour tout bagage théorique en management… un doctorat en philosophie allemande du 19ème siècle ! Après avoir exercé pendant sept ans dans cette société, et probablement gagné beaucoup d'argent, il a utilisé son temps libre pour s'imprégner de la littérature en management, comme "retour d'expérience" sur son activité de consultant. Grande fut sa déception. A aucun moment, il ne s'est dit "si seulement j'avais su cela plus tôt !", mais "je ferais mieux de lire Heidegger !". L'article de Matthew Stewart se poursuit sur les fondements historiques du management scientifique, à savoir l'ouvrage pionnier de Frederick Taylor, The Principles of Scientific Management. L'auteur montre que la prétendue science du management n'est qu'un ensemble de prescriptions normatives visant à aligner les performances des ouvriers de la Bethlehem Steel Corp sur celle de dix valeureux moldo-valaches solidement charpentés et d'un néerlandais zélé (déjà, les ravages de l'immigration choisie). Le reste est à l'avenant, Gizmo vous laisse le soin de déguster.
Qu'est-ce que la gestion ?
Dans un réflexe coupable, révélateur de sa fainéantise naturelle (et de la fermeture estivale de sa bibliothèque universitaire préférée), Gizmo s'est tournée vers wikipedia pour rechercher la définition des mots gestion et management. Elle laisse le lecteur juge de l'indigence rédactionnelle de ces entrées et de leurs corrélats… Plus sérieux, le site Paristech Graduate Schools n'est guère secourable, puisque aucun support en gestion ou en management n'est proposé. Seuls des cours de finance ou de comptabilité sont disponibles.
Alors Gizmo fait avec ce qu'elle a : de vagues souvenirs de cours universitaires, des conversations avec des gestionnaires, la lecture de thèses en gestion ou de blogs gestionnaires (celui-ci est assez caricatural, et celui-là mérite un large détour). La gestion n'est qu'un assemblage de mots valises ("compétences clefs", "accord gagnant-gagnant"), de néologismes ("marketing expérienciel"), de jargon faussement savant ("relation dyadique", "organisation apprenante") et de figures géométriques improbables. Le gestionnaire se gargarise de "recherche action" : il faut s'immerger dans l'entreprise (l'association, la collectivité territoriale…) pour la comprendre. Le gestionnaire est un numérologue fanatique de chiffres magiques : les 5 forces de Michael Porter ; les 14 principes de Fayol ; les 5S de la conduite du changement ; les 4 stades de développement de la matrice BCG [1]. Plus navrant encore, les erreurs méthodologiques : combien de thèses présentant un "modèle" qui n'est qu'une collection d'hypothèses ? Lu dans une thèse (peu importe le sujet) : "Hypothèse : la variable X croît avec la variable Y", "Proposition : X dépend de Y" (et ce n'est pas une coquille, puisque l'enchaînement est répété pour les 27 hypothèses du "modèle"). Ceci est élu "galimatias préféré" par Gizmo…
Peut-on être gestionnaire sans être économiste ?
Quel est le fondement du marketing, si ce n'est la différenciation du produit, la discrimination tarifaire auxquelles sont associées des techniques quantitatives (analyses des données et économétrie) ? Sur quoi repose la stratégie, sinon sur l'économie industrielle et des organisations ? Peut-on comprendre la gestion des ressources humaines sans une analyse économique des relations de travail (relations principal-agent, théories du salaire d'efficience, théories de l'appariement) ? Certes on objectera que les relations économiques s'insèrent dans un environnement social et psychologique dont il convient de tenir compte. Mais pour cela, point n'est besoin de gestionnaires, mais de sociologues et de psycho(socio)logues. Restent la recherche opérationnelle, la finance et la comptabilité. La recherche opérationnelle est au confluent de l'économie, de la gestion, de l'informatique et des mathématiques. La finance, de marché ou d'entreprise, n'est pas l'apanage des gestionnaires dans les enseignements universitaires, et encore moins dans les revues académiques de premier plan. Seule la comptabilité peut se revendiquer comme une discipline autonome de l'économie (et pourtant, que de dîners en ville conclus au moment de l'addition par un "tiens, toi qui es économiste, tu vas bien nous faire les comptes !"). Il y a en France et ailleurs une position corporatiste des universitaires en gestion qui revendiquent une utilité sociale que n'auraient pas les économistes : "l'entreprise ne se laisse pas enfermer dans des théories mathématiques", "nous travaillons sur l'humain", "nous apprenons à nos étudiants des savoir-faire opérationnels". Notons que de nombreux gestionnaires sont docteurs en économie, et défendent la "spécificité de la gestion" avec la même vigueur prosélyte que les anciens cyclistes dopés défendent les vertus de l'eau claire... L'econ-bashing est un sport répandu chez les gestionnaires outre-atlantique : voir ici, là, et là pour un hilarant hallali…
Et s'il fallait encore vous convaincre de la supériorité de l'économie sur la gestion…
Hal Varian vient d'être nommé chief economist chez Google. Pour les lecteurs qui ne le connaîtraient pas, Hal Varian est l'auteur des manuels probablement les plus lus en microéconomie, au niveau débutant, intermédiaire, ou avancé. Dans son interview au Wall Street Journal, il soutient l'idée que le marketing est la finance de demain :
"I think marketing is the new finance. In the 1960s and 1970s [we] got interesting data, and a lot of analytic fire power focused on that data; Bob Merton and Fischer Black, the whole team of people that developed modern finance. So we saw huge gains in understanding performance in the finance industry. I think marketing is in the same place: now we’re getting a lot of really good data, we have tools, we have methods, we have smart people working on it. So my view is the quants are going to move from Wall Street to Madison Avenue."
C'est un économiste qui le dit.
[Merci à mon Gizmo provider préféré, chercheur dionysien solitaire.]
[1] Ceci étant, certains économistes ne sont pas en reste : voir le bestiaire proposé dans ce rapport du Conseil d'Analyse Economique.

12 ça se discute...:
J'ai adoré ce rapport du CAE... mais vu les auteurs cela ne m'a pas trop étonné. Les PME sont devenus les nouveaux "dada" des politiques mais aussi de ces économistes spécialistes du benchmark international sans analyse à partir de la théorie économique (bizarre pour des économistes) .... avec tjrs le meme adage, les pme créent beaucoup d'emplois... certe ce qui est vrai mais elles détruisent aussi bcp => il faudra revoir un nouveau plan stratégique hihihihi
Bonjour,
réjouissant billet (et blog très intéressant).
"La gestion n'est qu'un assemblage de mots valises". Exact.
Je dirais même plus : la gestion n'est par essence que marketing. C'est à qui inventera la terminologie la plus perfomative (et la plus rentable ... parole de consultant). Nous voilà bien loin de la science.
Quant aux propos d'Hal Varian, en quoi constitueraient-ils une vision révolutionnaire, ne sont-ils pas aussi à vocation performative ? Des sociologues (Baudrillard, au hasard et par exemple) avaient déjà démonté les mécanismes des valeurs d'échange et d'usage, non ? (je sais, je provoque un peu, soyez assurée que ce n'est que pour le jeu).
PS : 7S plutôt que 5S ... :)
Gizmo écrit que "Seule la comptabilité peut se revendiquer comme une discipline autonome de l'économie"... est-ce si sûr? J'en appelle à la communauté des économistes bloggers pour répondre à cette angoissante question... Bien que cela ne soit pas une réponse à la question, j'ai constaté dans des universités sud-américaines (mais là encore, j'en appelle, sur d'autres zones du monde, aux témoignages des habitués de ce blog), notamment en Argentine et au Pérou, que les comptables s'unissent souvent aux économistes dans des facultés rivales des facs de gestion. Typiquement, on a d'un côté une "faculté des sciences économiques, comptables et financières" et de l'autre une "faculté d'administration d'entreprises", dont les relations sont souvent pour le moins tendues. Alors, peut-être faut-il accepter que certaines composantes de la gestion nous échappent, mais insister sur la parenté entre les sciences économiques, la comptabilité et la Finance...
En fait, l'objet de votre post est de dire que vous n'aimez pas les gestionnaires parce qu'à cause d'eux vos amis vous confondent avec une comptable et qu'ils vous font diviser l'addition au restau? J'ai tout bien compris?
La gestion est une discipline de la science économique ! Nous, gestionnaires, avons choisi de regarder plus en profondeur dans ce que les économistes appréhendaient comme une "boîte noire" (Coase) : l'entreprise. La théorie des organisations réalise le pont parfait entre l'économie est sa sous-division qu'est la gestion : théorie des coûts de transaction, théorie de l'agence, etc. Comprende comment fonctionne l'entreprise, notamment par rapport au marché, (i.e. comprendre comment la hiérarchie peut être un levier d'ajustement au même titre que le sont les prix), c'est zoomer sur un point précis de l'économie !
RMS : Avez-vous bien compris le billet de Gizmo ? Le problème qu'elle souligne est précisément que la gestion ne se comporte pas comme une discipline de l'économie (fonctionnant à coup de modélisation et de confrontation des prédiction de ces modèles aux données), mais sur le mode incantatoire et performatif de managers ayant trouvé LA solution universelle au problème de la gestion des relations humaines.
Il ne s'agit donc pas d'un zoom, mais d'une différence fondamentale de méthode. Oserai-je ajouter que l'économie a bien progressé depuis la boîte noire de Coase, et que ladite boîte noire est aujourd'hui assez largement ouverte ?
Et si on se disait tout simplement et caricaturalement que l'économie c'est des théories et la gestion des techniques ? que la seconde a à apprendre de la première, mais que la première ne peut prétendre se substituer à la seconde ? allez, on se donne la main et on se fait un gros bisou !
P.S. : la compta, c'est troooop bien !
@ mathieu,
Je n'ai peut être pas bien compris le billet de Gizmo !
Mais je rebondis maintenant sur vos propres propos : j'ai du mal à comprendre que l'on puisse affirmer que la gestion repose "sur un mode incantatoire et performatif de managers ayant trouvé LA solution universelle au problème de la gestion des relations humaines" ! Les chercheurs en science de gestion que je côtoie se placent dans une perspective toute autre qui consiste davantage en la poursuite d'une validation empirique de modèles théoriques ! Ce qui est, définitivement, une approche comparable à celles des économistes...
Par ailleurs, concernant la progression de l'économie dans sa compréhension de l'entreprise, je ne la nie pas. Par contre, je constate que cette évolution est incontestablement liée au développement des disciplines de gestion...
Je réitère donc mon affirmation selon laquelle la gestion est une sous-discipline de l'économie !
Merci pour cet article qui fait écho à mes souffrances lors des trop nombreux enseignements de "management" et de "théorie des organisations" que j'ai reçus. Brasser autant de vent avec souvent beaucoup d'assurance (et de conviction personnelle ?) est tout de même une belle performance, il faut le reconnaître. Et c'est d'ailleurs le plus dommage : beaucoup d'énergie et d'intelligence sont gâchées dans du verbiage sans fin et dans des débats interminables (en économie aussi, mais dans des proportions bien moindres me semble-t-il).
Vous oubliez d'ailleurs un point (noir) dans votre post : le fameux débat épistémologique entre positivistes et constructivistes auquel il est difficile d'échapper lorsque l'on mène des recherches académiques en gestion. On oblige les doctorants à se positionner dans l'un de ces cadres épistémologiques, et ils doivent même bien souvent y consacrer un chapitre entier de leur thèse. Au détriment du travail de présentation de résultats originaux et novateurs...
Non, Emmeline, on ne se prend pas par la main, et on ne se fait pas de bisous, même si la compta, c'est trop de la balle. Parce que Gizmo a trouvé encore plus méchant ...
Il ne faut pas confondre conseillers en gestion (90% charlatans, ou camelots conceptuels), enseignants en gestion (combien ont une expérience en entreprise?), et gestionnaires.
"La gestion n'est qu'un assemblage de mots valises": ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas de sens pour vous que tous sont "valise".
Ce fil n'étant plus frais/actif, je ne m'étendrai pas. Mais simplement vous offrir ce lien A Periodic Table of Visualization
Maurice Lanselle, votre cadeau est formidable. Je n'ai pas exploré tous les éléments, mais je pense avoir pu donner du sens à tous ceux que j'ai visionnés. La force explicative de l'élément Se (Semantic Network) est particulièrement éclairante. Ce qui n'est d'ailleurs pas surprenant, puisque le selenium est un rempart contre le stress oxydatif.
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