dimanche 26 août 2007

Economistes, préparez votre reconversion ?


Via le touiteur de Pierre Maura, extrait d'une interview de Xavier Darcos à Paris Match (jeudi 23 août 2007) : "Attention, en particulier aux filières sans débouché évident. Je pense à 'ES' (économique et social). Elle attire beaucoup d'élèves qui occupent ensuite de grands amphis mais se retrouvent avec des diplômes de droit, psychologie, sociologie... sans toujours un emploi à la clef".


Entre l'incompréhension des mécanismes économiques par le grand public, l'incompétence des journalistes, la vision de l'économie de notre Président et aussi sa connaissance de la Constitution et des ressorts de la pédophilie, la fulgurance de Jean-François Copé, et la mauvaise foi d'André Santini, manque-t-on vraiment d'économistes, de juristes, de sociologues et de psychologues ? Bizarrement, l'économie et la gestion semblent épargnées par le Ministre…

6 ça se discute...:

clandestino a dit…

je ne me souviens pas si j'en avais parlé avec l'avatar universitaire de gizmo, mais, à propos d'une filière "délocalisée" à l'étranger dont j'avais eu l'honneur de m'occuper, j'avais eu l'occasion de discuter brièvement avec l'ancien président du Sénat, ministre de l'économie et ministre de l'éducation nationale, René Monory, en visite dans le pays où cette formation était mise en place. Il s'agissait donc d'une discussion à propos d'une licence d'éco-gestion mise en place dans un pays étranger. Il m'a posé trois questions: "y a-t-il des nouvelles technologies?", "Y a-t-il des stages?" et "Finalement, pour apprendre l'économie, est-ce que quatre ans (c'était une licence en quatre ans) ce n'est pas un peu long?"... Je ne suis pas sûr que l'opinion de certains politiques ait changé à ce propos, finalement, pour certains, l'enseignement supérieur pourrait se réduire à des IUT et le secondaire à les préparer...alors la remarque de Xavier Darcos est-elle si surprenante?...

Anonyme a dit…

L'incompétence, la vanité et l'égoïsme de ceux qui éliminent leurs semblables moins motivés pour accéder aux mandants électifs est certainement le premier argument en faveurs des thèses les plus libérales.

Par exemple, si les établissements scolaires étaient réellement autonomes, l'aveuglement de nos élus sur le sujet ne se poserait même pas.

La Thilde a dit…

"l'incompétence des journalistes"... et le sens de la nuance ? ou le récurrent et non moins ambigu différend des universitaires avec les médias ?

Gizmo a dit…

La Thilde, dans les liens sur "journalistes" (partie "listes"), le renvoi se fait sur un article du Monde, lui même suivi de commentaires. A moins que les commentateurs soient tous des universitaires, on s'éloigne du différend entre universitaires et médias. Alors, d'accord pour la nuance, tous les journalistes économiques ne sont pas incompétents, il en existe au moins deux.

Ian balat a dit…

Il m'avait été appris que les spécialistes ne faisaient pas les politiques publiques... Est-ce après tout si dommageable?
Un poil poussé plus loin, cela donnerait un truc comme : "Un homme politique est un spécialiste de la politique / les spécialistes ne font pas les politiques publiques / donc les politiques ne font pas les politiques publiques"
Journalistes, sociologues, économistes, politiques, etc. sont rarement acteurs, et d'une certaine manière ne sont pas entièrement responsables de ce qu'ils disent et/ou font dans le cadre de leur profession. Par contre ils seront toujours coupables d'être ce qu'ils ont choisi d'être: un mauvais journaliste a choisi de l'être, ainsi qu'un économiste incompétent ou un homme politique corrompu.
Imaginons un mauvais économiste qui mettrait en place la politique économique d'un gouvernement répondant aux critiques par sa seule compétence supposée (ou reconnue par d'autres mauvais économistes).
Donc... Comme dans toute affaire publique ce n'est pas une question de qualité des responsables, mais d'éducation des citoyens. Et c'est ceci qui est attaqué depuis des années, avec une certaine jubilation parfois notamment de la part des petits roquets du capitalisme. A qui profite le crime? Copé est un imbécile (piètre politique, très mauvais gestionnaire), un choix de vie certainement, mais qui l'a mis là? Si vous répondez Sarkozy, recommencez...
Gremlinsement vôtre :)

Emmeline a dit…

"Croissance de quoi" (sorry, je ne sais pas mettre des liens dans les commentaires) vous a donné la réponse, Gizmo : vous allez devenir bonheuronomiste ! ça c'est un métier d'avenir... Et pis y'en a, des débouchés, puisque tout le monde cherche à accroître son bonheur !