mercredi 5 décembre 2007

Le Fonds de réserve pour les retraites : le courant ne passe pas…

En choisissant de financer un plan de rénovation des universités de cinq milliards d'euros par la cession d'une fraction du capital d'EDF à des investisseurs institutionnels, l'Etat a calmé la communauté universitaire. L'opération réalisée au cours de 82 euros environ a permis de lever 3,7 milliards d'euros, l'Etat détenant désormais 84,8% du capital, contre 87,3% auparavant.

Cependant, en affectant ces recettes de privatisation au financement d'investissements universitaires, l'Etat prive le fonds de réserve pour les retraites de ressources cruciales pour son devenir à moyen terme. Tout est ici affaire d'arbitrage : financer l'investissement d'EDF, des universités ou le système de retraite par répartition. Sachant que la loi dispose que la participation de l'Etat dans le capital d'EDF ne peut être inférieure à 70%, il reste quelques marges de manœuvre pour poursuivre ces trois objectifs. En cédant 10% du capital, l'Etat pourrait affecter environ 15 milliards d'euros supplémentaires au FRR. Ceci ne serait certainement pas du goût de Pierre Gadonneix, PdG d'EDF, mais permettrait d'envisager plus sereinement l'échéance de 2020, date à partir de laquelle le FRR commencera à financer les différents régimes affectataires.

4 ça se discute...:

Skav a dit…

Avec 1.16€ de dividende cette année par action vendue 82€, EDF à un P/E particulièrement élevé. Il y a donc sans doute plein d'endroits où mieux placer cette valeur.

Aalexandre a dit…

Prendre aux uns pour donner aux autres... cette politique n'est-elle malheureusement pas un peu trop court-termiste ?
Nous savons tous que l'université doit être réformée en profondeur et qu'elle a besoin de plus de 3.7 milliards d'Euros.

Encore une fois on privilégie le très court-terme, l'affichage politique au traitement des questions de fond.

Anonyme a dit…

Vendre 10% du capital d'EDF entrainerait une chute catastrophique de l'action.

Surtout si la chose est annoncée. Ne pas oublier que la valeur "objective" de l'action telle qu'évaluée est de l'ordre du tiers de son cours actuel, voire moins en cas d'engagements financiers masqués (accords stratégiques ultra-secrets, fréquents dans le domaine énergétique, p.e.)

Difficile d'imaginer que ce ne soit pas annoncé si la décision est politique : pour ceux qui doutaient du fait que les entreprises dans lesquelles l'état est actionnaire sont handicapées lorsqu'elles sont cotées, voilà pour l'argument.

Il est vrai que le cours de l'action EDF dépendra grandement de la politique que mènera Sarkozy, notamment sur le front du nucléaire : un réacteur nucléaire de plus implanté sur le sol français, c'est autant de moins à financer de retraite pour EDF (en reportant le coût du retraitement des sols aux calendes grecques).

En un mot, le meilleur moyen pour l'état de valoriser son investissement dans EDF (et d'assumer les dettes créées par le régime spécial de retraite) serait d'accepter d'en quitter le capital dans le cadre d'un plan de privatisation intégrale et irréversible. Et, si l'état a quelqu'honneur, financer ses engagements, y compris ceux du régime de retraite, avec le bénéfice de la vente : voire, concevoir un plan de cession exclusivement destiné à le financer.

Mais le jour où l'état envisagera de gérer ses actifs en bon père de famille, les poules auront des dents.

Docteur Peuplu a dit…

Faut-il donner la priorité aux retraites ou investir dans l'enseignement supérieur ?

Pour ma part je pense que l'enseignement doit être prioritaire parce que c'est la valeur ajoutée de demain, un investissement est souvent préférable, après... il faut voir comment c'est dépensé.