Un comité étique ?
Mathieu P, qui s’obstine dans la procrastination plutôt que de rédiger sa thèse, a lu et commenté la nouvelle loi sur la liberté et la responsabilité des universités. Comme lui, Gizmo s’interroge sur les modifications apportées par la loi en matière de recrutement des enseignants-chercheurs.
Que dit l’article 25 ?
L’article 25 de la loi institue un comité de sélection composé pour moitié au moins de membres extérieurs à l’établissement, d’un rang au moins égal à celui postulé par le candidat au recrutement. Dès qu’un emploi d’enseignant-chercheur est créé ou déclaré vacant, les candidatures des personnes qualifiées par le Conseil National des Universités sont examinées par ce comité de sélection, créé par délibération du conseil d’administration de l’Université siégeant en formation restreinte aux représentants élus des enseignants chercheurs, des chercheurs et des personnels assimilés. "Quand je lis cela, je me dis que de deux choses l'une : soit on va avoir des participations croisées, l'université A fournissant les extérieurs pour les comités de B et inversement (ce qui ne va pas beaucoup changer de la situation actuelle), soit la plupart des universités vont jouer le jeu de n'inviter à leurs comités de sélection que des spécialistes incontestables, ce qui peut faire beaucoup pour augmenter la qualité du recrutement.", écrit Mathieu P. Sans vouloir offenser Mathieu. P, il faut être naïf pour penser que les universités n’inviteront à leurs comités de sélection que des spécialistes incontestables. Sachant que 60 postes en sciences économiques sont créés ou déclarés vacants chaque année, si on convient que chaque comité comportera 4 membres extérieurs (estimation basse), il faudrait trouver environ 240 "spécialistes incontestables". En outre, les "spécialistes incontestables", précisément parce qu’ils sont d’excellents enseignants-chercheurs, rechigneront à distraire de leur temps pour cette mission chronophage. Enfin, même si on peut espérer que les calendriers de recrutement seront plus étalés, les recrutements sont généralement concentrés à des périodes clefs, correspondant aux dates de nomination dans les emplois, elles-mêmes calées sur le calendrier universitaire (nomination au 1er septembre ou au 1er février).
Quelle participation effective des membres extérieurs ?
Plus inquiétante est la dernière disposition de l’article 25 : "Le comité siège valablement si au moins la moitié des membres présents sont extérieurs à l'établissement". Actuellement, les règles de quorum régissant les commissions de spécialistes en charge des recrutements exigent que plus de la moitié des membres (ou leurs suppléants) soient présents, faute de quoi la dite commission est convoquée une nouvelle fois sans exigence de quorum. L’avatar universitaire de Gizmo a une longue expérience de membre interne et externe de plusieurs commissions de spécialistes qui lui laisse penser que la nouvelle disposition risque de s’avérer problématique. Actuellement, la participation des extérieurs est marginale, parfois même inexistante. Le souhait de voir des personnalités extérieures incontestables siéger dans ces comités de sélection est louable, mais comment inciter ces personnalités à siéger effectivement dans les comités dans lesquels elles auront été nommées ? Il faudra que les mœurs évoluent singulièrement, sinon on risque de recruter des collègues avec un comité famélique. Imaginons par exemple un comité composé de 8 membres internes et 8 membres externes (estimation moyenne). Ce comité est convoqué pour un jour donné et on constate ce jour-là que seuls 2 membres externes sont présents, 7 membres internes ayant répondu à la convocation. Que faire ? Demander à 5 membres internes de se retirer pour que le comité effectivement réduit à 4 membres puisse valablement délibérer ? Et que faire, si d’aventure aucun membre extérieur ne répondait à la convocation ? Faute de précision, la loi risque de rendre le comité étique, mais bien peu éthique.
Que dit l’article 25 ?
L’article 25 de la loi institue un comité de sélection composé pour moitié au moins de membres extérieurs à l’établissement, d’un rang au moins égal à celui postulé par le candidat au recrutement. Dès qu’un emploi d’enseignant-chercheur est créé ou déclaré vacant, les candidatures des personnes qualifiées par le Conseil National des Universités sont examinées par ce comité de sélection, créé par délibération du conseil d’administration de l’Université siégeant en formation restreinte aux représentants élus des enseignants chercheurs, des chercheurs et des personnels assimilés. "Quand je lis cela, je me dis que de deux choses l'une : soit on va avoir des participations croisées, l'université A fournissant les extérieurs pour les comités de B et inversement (ce qui ne va pas beaucoup changer de la situation actuelle), soit la plupart des universités vont jouer le jeu de n'inviter à leurs comités de sélection que des spécialistes incontestables, ce qui peut faire beaucoup pour augmenter la qualité du recrutement.", écrit Mathieu P. Sans vouloir offenser Mathieu. P, il faut être naïf pour penser que les universités n’inviteront à leurs comités de sélection que des spécialistes incontestables. Sachant que 60 postes en sciences économiques sont créés ou déclarés vacants chaque année, si on convient que chaque comité comportera 4 membres extérieurs (estimation basse), il faudrait trouver environ 240 "spécialistes incontestables". En outre, les "spécialistes incontestables", précisément parce qu’ils sont d’excellents enseignants-chercheurs, rechigneront à distraire de leur temps pour cette mission chronophage. Enfin, même si on peut espérer que les calendriers de recrutement seront plus étalés, les recrutements sont généralement concentrés à des périodes clefs, correspondant aux dates de nomination dans les emplois, elles-mêmes calées sur le calendrier universitaire (nomination au 1er septembre ou au 1er février).
Quelle participation effective des membres extérieurs ?
Plus inquiétante est la dernière disposition de l’article 25 : "Le comité siège valablement si au moins la moitié des membres présents sont extérieurs à l'établissement". Actuellement, les règles de quorum régissant les commissions de spécialistes en charge des recrutements exigent que plus de la moitié des membres (ou leurs suppléants) soient présents, faute de quoi la dite commission est convoquée une nouvelle fois sans exigence de quorum. L’avatar universitaire de Gizmo a une longue expérience de membre interne et externe de plusieurs commissions de spécialistes qui lui laisse penser que la nouvelle disposition risque de s’avérer problématique. Actuellement, la participation des extérieurs est marginale, parfois même inexistante. Le souhait de voir des personnalités extérieures incontestables siéger dans ces comités de sélection est louable, mais comment inciter ces personnalités à siéger effectivement dans les comités dans lesquels elles auront été nommées ? Il faudra que les mœurs évoluent singulièrement, sinon on risque de recruter des collègues avec un comité famélique. Imaginons par exemple un comité composé de 8 membres internes et 8 membres externes (estimation moyenne). Ce comité est convoqué pour un jour donné et on constate ce jour-là que seuls 2 membres externes sont présents, 7 membres internes ayant répondu à la convocation. Que faire ? Demander à 5 membres internes de se retirer pour que le comité effectivement réduit à 4 membres puisse valablement délibérer ? Et que faire, si d’aventure aucun membre extérieur ne répondait à la convocation ? Faute de précision, la loi risque de rendre le comité étique, mais bien peu éthique.
