Coups de boutoirs contre l'économie, encore…
On connaissait l'attaque contre l'enseignement des sciences économiques et sociales dans l'enseignement secondaire (voir ici pour une synthèse). En gros, les enseignants du second degré seraient d'irréductibles gauchistes adeptes de la décroissance, et leurs manuels d'immondes brûlots crypto-marxistes, véhiculant l'image de méchants entrepreneurs avides d'exploiter de gentils travailleurs plus frileusement préoccupés par la sécurité de leur emploi que par la splendeur entrepreneuriale de notre beau pays.
Voilà maintenant que, plus sournoisement, l'économie-bashing se propage à l'enseignement supérieur. Probablement pour des raisons liées à la méconnaissance des enseignements de sciences économiques peut-être encore fantasmés comme des paraboles sur des mondes imaginaires, mais aussi, et peut-être plus sûrement, sous la pression du lobby des gestionnaires, le Ministère de l'Enseignement Supérieur de la Recherche soutient une campagne de destruction massive de filières de master placées sous la responsabilité d'économistes. Les masters les plus touchés sont les masters de finance que les professeurs de gestion souhaiteraient placer sous leur coupe exclusive ; par extension, les masters en économie financière, économie bancaire, économie des assurances, gestion d'actifs, gestion de patrimoine sont voués à subir le même sort. Plusieurs établissements dits "de la vague B"[1] ont vu leurs filières évaluées avec le commentaire suivant : "Bon adossement des enseignements à la recherche, mais la filière comporte trop d'enseignements d'économie". En contrepartie, des licences pluridisciplinaires, telles que "Management des entreprises et des administrations" qui regroupent des juristes, des économistes, et des gestionnaires, sont converties en licences de gestion par la Direction Générale des Enseignements Supérieurs, pour d'obscures raisons d'harmonisation des intitulés de diplômes. S'il était besoin de fusiller les filières d'économie, on ne s'y prendrait pas autrement.
Cerise sur le gâteau, là où deux délégués scientifiques étaient en charge de l'économie et de la gestion (un pour l'économie, l'autre pour la gestion) à l'Agence d'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur, voilà que l'économiste a été démis de ses fonctions et serait remplacé par… un gestionnaire ! Quand il aura supprimé la filière ES au lycée, puis les enseignements d'économie à l'université, le pouvoir politique osera-t-il s'attaquer à ceci ?
Voilà maintenant que, plus sournoisement, l'économie-bashing se propage à l'enseignement supérieur. Probablement pour des raisons liées à la méconnaissance des enseignements de sciences économiques peut-être encore fantasmés comme des paraboles sur des mondes imaginaires, mais aussi, et peut-être plus sûrement, sous la pression du lobby des gestionnaires, le Ministère de l'Enseignement Supérieur de la Recherche soutient une campagne de destruction massive de filières de master placées sous la responsabilité d'économistes. Les masters les plus touchés sont les masters de finance que les professeurs de gestion souhaiteraient placer sous leur coupe exclusive ; par extension, les masters en économie financière, économie bancaire, économie des assurances, gestion d'actifs, gestion de patrimoine sont voués à subir le même sort. Plusieurs établissements dits "de la vague B"[1] ont vu leurs filières évaluées avec le commentaire suivant : "Bon adossement des enseignements à la recherche, mais la filière comporte trop d'enseignements d'économie". En contrepartie, des licences pluridisciplinaires, telles que "Management des entreprises et des administrations" qui regroupent des juristes, des économistes, et des gestionnaires, sont converties en licences de gestion par la Direction Générale des Enseignements Supérieurs, pour d'obscures raisons d'harmonisation des intitulés de diplômes. S'il était besoin de fusiller les filières d'économie, on ne s'y prendrait pas autrement.
Cerise sur le gâteau, là où deux délégués scientifiques étaient en charge de l'économie et de la gestion (un pour l'économie, l'autre pour la gestion) à l'Agence d'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur, voilà que l'économiste a été démis de ses fonctions et serait remplacé par… un gestionnaire ! Quand il aura supprimé la filière ES au lycée, puis les enseignements d'économie à l'université, le pouvoir politique osera-t-il s'attaquer à ceci ?
[Edit (24 juin 2008) Finalement non : l'économiste a été remplacé par... une économiste. Mais que devient alors le gestionnaire pressenti ?]
[1] Les établissements universitaires sont liés par contrat quadriennal à l'Etat. Ils sont évalués tous les quatre ans, par vagues successives : la vague B a été évaluée en 2007, avec signature du contrat en 2008, et entrée en vigueur des nouvelles filières à la rentrée 2008-2009.
[1] Les établissements universitaires sont liés par contrat quadriennal à l'Etat. Ils sont évalués tous les quatre ans, par vagues successives : la vague B a été évaluée en 2007, avec signature du contrat en 2008, et entrée en vigueur des nouvelles filières à la rentrée 2008-2009.

5 ça se discute...:
Brice Le Gall et Charles Soulié, dans certains de leurs travaux récents, ont repéré la montée en puissance de la gestion dans les cursus d'économie (postes de MCF, composition CNU, entrée dans les départements...). C'est vraiment une évolution intéressante à constater.
Un article de Fabienne Pavis (MCF en sociologie à l'université de Nantes) de 2003 sur l'institutionnalisation, entre 1965 et 1975, de la gestion dans les universités françaises.
http://portail.cereq.fr/FEM/FEM834.pdf
Elle a contribué, comme C. Soulié, à Universitas Calamitatum : le livre noir des réformes universitaires (paru chez le Croquant en 2003 également).
Et moi qui croyais que l'autonomie des Universités avait été voté! :-(
Moi qui travaille dans la Finance (Corporate Finance) après avoir suivi un cursus d'économie, je pense que les cours d'économie que j'ai suivi, loin d'avoir été inutile, sont ceux qui me servent le plus dans mon travail (être à l'aise avec les chiffres et la modélisation, compréhension des mécanismes économique...).
Cependant, un contre exemple : La faculté d'économie de Montpellier vient de recevoir l'accréditation pour un Master Finance fait par des économistes (des économètres pour être plus précis) :
[url=http://www.univ-montp1.fr/formation/l_offre_de_formation/recherche_libre/catalogue_lmd/droit_economie_gestion/master_mention_economie_de_la_firme_et_des_marches/master_2_mention_economie_de_la_firme_et_des_marches_specialite_finance_de_marche_et_analyse_du_risque]Master Finance et Analyse des Risques - Université Montpellier 1[/url]
HS : Il viennent également de recevoir l'habilitation pour un Master NTIC en partenariat avec l'IDATE, l'ARCEP et le Conseil de la Concurrence dont on reparlera sans doute :
[url=http://www.univ-montp1.fr/formation/l_offre_de_formation/recherche_libre/catalogue_lmd/droit_economie_gestion/master_mention_economie_de_la_firme_et_des_marches/master_2_mention_economie_de_la_firme_et_des_marches_specialite_economie_des_technologies_de_l_information_et_de_la_communication]Master IDATE - Univesité Montpellier 1[/url]
Désolé pour la forme, la balise [url] ne doit pas être prise en compte.
Je voudrais aussi apporter mon temoignage, je bosse dans la finance apres etre passe par une grande ecole de commerce, et mes cours d'economie (avec ceux de comptabilite) sont encore ceux qui m'ont ete le plus utiles, plus que la soupe (pardon, le "soft subject") du management et des ressources humaines qui s'apprend en deux temps trois mouvements.
Enregistrer un commentaire