vendredi 29 août 2008

When little Gizmo meets big MEDEF

Tout avait bien commencé par un courriel envoyé par Laurence P. :

Sujet:Université d'Eté 2008
Date:Tue, 26 Aug 2008 5:12:33 -0400
De:Laurence Parisot

Pour :Gizmo
Mme GIZMO
Je suis impatiente et heureuse de vous accueillir sur le site de Polytechnique pour notre Université d’Eté « Voir en Grand » à partir de mercredi.
De très nombreuses personnalités de tout premier plan : entrepreneurs, politiques, sociologues, universitaires, artistes, sportifs… seront avec nous.
Cette édition 2008, placée sous le double signe de la convivialité et de l’ouverture sur le monde, sera, n’en doutons pas, un grand succès grâce à vous tous !
L’entreprise c’est la vie !
Laurence Parisot

PS : La météo prévoit un temps ensoleillé et des températures entre 24 et 26°.Le plan d’accès est consultable sur http://www.polytechnique.fr/campus/campus.php


Ethnographie de comptoir

La suite fut moins glorieuse… La météo avait vu un peu grand : ce jeudi 28 août 2008, le soleil peinait à darder ses estivaux rayons sur Palaiseau, et la température automnale hérissait les poils de Gizmo, qui avait quitté son douar ensoleillé vers 12h30, refusant de se restaurer aux frais du grand patronat (et pourtant, il y avait des sodas, des sablés et des glaces en open bar). Gizmo ne connaît personne d'autre qu'elle capable de se perdre avec un navigateur GPS, mais elle l'a fait. Du coup, arrivée en retard pour la conférence plénière de Mohammed Gannouchi, premier ministre de Tunisie, elle s'est livrée à une observation ethnographique sauvage des bipèdes présents: beaucoup d'hommes bien sûr, des costumes gris mais également des vêtements casuels, des hôtesses accortes et souriantes, des vigiles fortement dotés en mélanine, des X (et des Xettes) en grand uniforme. Sur l'esplanade, des poufs gonflables et relaxants ont été dispersés sur lesquels quelques cadres harassés de fatigue fourbissent une sieste réparatrice. Une pouffe jeune fille passe pour regonfler les poufs qui auraient oublié de "think big"… A l'intérieur, des participants jouent au billard et au baby-foot (le fabricant de billard est "partenaire en nature", indique le programme). Gizmo croise Philippe Douste-Blazy, Guillaume S. le beauf de Carla B.S. et Guillaume Durand. Elle se sent dans cet aréopage comme Albert Jacquard à la Star Ac.

Vaguement Nobel

En service commandé, Gizmo s'était inscrite à la conférence "Pourquoi pas plus de prix Nobel en France ?", dans l'amphithéâtre Becquerel. Intervenants : Philippe Valode (écrivain), Pierre Tapie (directeur-général de l'ESSEC), Christian Saguez (professeur à l'Ecole Centrale), Jean-François Bach (Secrétaire perpétuel de l'Académie Française), Marc Gentilini (président du collectif Asie enfants isolés), Séverine Louvel (maître de conférences en sociologie). Le moins qu'on puisse dire, c'est que bien que l'amphithéâtre Becqurel soit petit, les organisateurs avaient vu grand : une quarantaine de participants seulement se sont pressés pour assister aux débats (pour 4000 participants inscrits selon les observateurs). En revanche, pour ce qui est des panelistes, et sans leur faire injure, les organisateurs avaient vu petit : aucun prix Nobel français à la table. Avaient-ils été invités ? Ont-ils décliné l'invitation ? De plus, on note l'absence criante de l'Université française, si on exclut la sociologue spécialiste de l'organisation des laboratoires académiques et des carrières de l'enseignement supérieur et de la recherche : pas de président d'Université, pas de représentant des grands organismes. Pour une fois, l'Université et le CNRS sont renvoyés dos à dos...

Petit tour de panel

Yves Blisson, journaliste, donne la parole à chaque paneliste pour un rapide tour de table. Valode présente un cadrage des "performances" françaises : la France a collecté 50 prix Nobel (soit 56 lauréats en raison des attributions multiples), ce qui représente 6,5% des lauréats et situe la France au quatrième rang mondial derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Dans les disciplines des sciences dures (chimie, physique et médecine), 12 prix ont été attribué à des Français entre 1901 et 1939, et 11 depuis 1946. Le prétendu déclin de la performance française doit donc être relativisé.

Séverine Louvel est interpelée sur la représentation des femmes dans la recherche française. Si Marie Curie est perçue comme la chercheuse française emblématique, les femmes sont sous-représentées dans le domaine de la recherche, ce qui selon Séverine Louvel constitue une perte de talent. Suffit-il de laisser le temps opérer pour que les femmes investissent la recherche ? Pour Séverine Louvel, la réponse est négative, de trop nombreux mécanismes, culturels et sociaux, bloquant l'accès à la recherche scientifique, même si les sciences de l'homme et de la société apparaissent en position plus favorable : on compte une femme pour six hommes en SHS, contre une femme pour 16 hommes en sciences pour l'ingénieur (avec une situation intermédiaire en sciences expérimentales). Et la situation des femmes cadres du milieu de la recherche n'est guère plus enviable que dans le monde de l'entreprise…

Interrogé sur le déficit de communication en matière de recherche, Christian Vaguez souligne que les mérites de la recherche française ne sont pas reconnus. D'une part, toutes les disciplines scientifiques ne sont pas récompensées par un prix Nobel, comme les mathématiques ou l'informatique. Dans ces domaines, les récompenses spécifiques existent (cf. la médaille Fields en mathématique où la France occupe le deuxième rang derrière les Etats-Unis). D'autre part, on ne met pas assez en valeur les partenariats entre recherche académique et entreprise, dans la communication scientifique.

Pierre Tapie relativise le recul de la France dans le classement de Shangaï. Il témoigne de ce que les universitaires chinois rient du poids politique que leur classement occupe dans le monde. Ce classement comporte de nombreux biais technologiques. Par ailleurs, Pierre Tapie revient sur la faiblesse des ressources financières des universités françaises par rapport à leurs homologues américaines : à Harvard, on compte un professeur pour deux étudiants, et le budget par étudiant est 3 à 5 fois plus important dans les universités américaines par rapport aux grandes écoles françaises. Heureusement, pense Gizmo, que Pierre Tapie n'a pas comparé les universités américaines aux universités françaises.

Comment le monde de la recherche française peut-il assurer un meilleur lobby pour obtenir plus de prix Nobel ? Telle était la question posée à Jean-François Bach. Selon lui, il existe une tendance individualiste en France qui tranche avec l'esprit collaboratif dans le monde anglo-saxon. Il renchérit pour reconnaître que l'excellence scientifique ne se mesure pas à l'aune des prix Nobel. Il établit une comparaison avec les médailles aux Jeux Olympiques (où les français ont collecté de nombreuses médailles d'argent, mais peu de médailles d'or) : la France est présente dans le dernier percentile (les 1% les meilleurs), mais pas dans le dernier permillime (les 0,1% les meilleurs). Il existe un décalage entre les discours et les faits : le recherche n'est pas une priorité nationale, ni au niveau politique, ni au niveau économique, ni au niveau citoyen. Ce sentiment antiscientifique est renforcé par le manque d'attractivité des carrières scientifiques. Les grandes entreprises et le monde politique ont une connaissance médiocre de la recherche : les entreprises préfèrent recruter des ingénieurs, plutôt que des docteurs, pour conduire leur recherche.

Marc Gentilini, médecin, revient sur la qualité de la recherche médicale : la médecine française est une des meilleures au monde, quand bien même la recherche médicale française n'est guère primée. Selon lui, les chercheurs français manquent de savoir-faire pour conquérir des prix Nobel, parce qu'ils se livrent entre eux une lutte destructrice. A contrario, il existe dans l'opinion publique un engouement irrationnel pour la non science (cf. le succès de l'ostéopathie).

Albert Fert en crocs sur les Champs Elysées ?

Les intervenants ayant scrupuleusement respecté leur temps d'intervention alloué, une discussion d'une heure trente s'est engagée avec la salle. Evidemment, la polémique n'a guère été virulente. Les chefs d'entreprise, sous couvert de se féliciter de la coopération fructueuse entre monde académique et monde de l'entreprise, et de louer les bienfaits des pôles de compétitivité, se sont livrés à la promotion de leur propre entreprise, tout en regrettant que le label de docteur soit insuffisamment homogène. D'autres participants plus rabat-joie (dont Gizmo) ont insisté sur les déficits structurels de l'organisation de l'enseignement supérieur et de la recherche. Mais rassurez-vous, Sauvons la recherche n'avait pas été invité à voir grand (et n'avait pas subrepticement infiltré la manifestation). Un cher collègue a suggéré que dorénavant l'accès aux grands corps d'Etat soit réservé aux docteurs ; la proposition a été reçue dans un silence aussi gêné que goguenard (mais Gizmo applaudissait avec ses petites mains intérieures). Comme toujours, un participant a recentré le débat, et signalé aux panelistes, qu'au bout du compte, aucun n'avait répondu à la question posée. Vexé, chaque paneliste a avancé son explication "culturelle" (pas de financement suffisant, pas d'incitation à l'excellence, pas d'université sélective, pas de formation initiale au collège et au lycée qui privilégient les savoirs "techniciens" au détriment des savoirs "fondamentaux", désintérêt des familles…). Marc Gentillini a remporté un succès incontestable en suggérant que Nicolas Sarkozy célèbre les grands scientifiques français dans les mêmes pompes qu'il accueille les médaillés sportifs aux Jeux Olympiques. Deux heures pétantes plus tard, tout ce petit monde applaudissait les panelistes, se levait et s'auto-congratulait en échangeant des cartes de visite.

19 ça se discute...:

Emmeline a dit…

Je kiffe grave sa race la distinction sociologues/universitaires... Encore une qui prendrait Ronan Chastellier (cf. Pierre M, mon-sondage.com) pour un sociologue ?

Bête question : Gizmo était-elle invitée comme peluche zinfluente ou comme avatar universitaire ?

(Quand je pense que vous avez négligé le plus important : la qualité des petits fours... les scrupules c'est bien beau mais vous vous devez à vos lecteurs ! ne s'improvise pas grand reporter qui veut, vous devriez prendre des lecons chez Béchamel)

Cimon a dit…

Bon, mon message précédent semble s'être perdu, donc je recommence (en résumant) :

1/ C'est quoi un grand corps d'État ? Car réserver l'accès à la carrière préfectorale, et surtout à celle d'officier des armées, cela ne me semble pas nécessairement pertinent...

2/ Pour rebondir sur ce sujet, s'agit-il de réserver l'accès aux grands corps de l'Etat aux docteurs ou simplement de le leur ouvrir (ce qui serait une sacrée évolution) ?

3/ Je voulais connaitre le sentiment des universitaires lorsque les grandes écoles (du style X, télécom ou HEC) mettent en place des écoles doctorales ?

4/ Pour finir, quel intérêt a avoir ou pas des Nobel en masse ? On a l'impression que c'est la seule mesure de la qualité de la recherche française, et j'ai du mal à approuver : être dans les tout bons du percentile me semble au moins aussi pertinent qu'être dans les tout bons du permillime, voir plus...

Emmeline a dit…

Pour info, HEC délivre un doctorat mais n'a pas d'Ecole Doctorale sui generis.

J'étais passée au travers du coup des grands corps à réserver aux docteurs (Cimon, ils leur sont déjà ouverts, mais j'imagine que vous vouliez dire pas en tant que docteurs)... autant ce serait envisageable si on avait en France un système de doctorat à l'américain autant dans l'état actuel des choses ca me paraît une aberration. En outre, on peut très bien être brillant et se débrouiller comme un chef dans l'administration sans avoir d'attrait particulier pour la recherche. Autant je suis exaspérée par les remarques du type "peuh les universitaires ils ont jamais quitté l'école ils savent rien faire c'est pas des décideurs", autant ca ne justifie en rien d'ériger le goût et l'aptitude pour la recherche en normes.

Cimon a dit…

Comment ça, ils leur sont déjà ouverts ? Vous voulez dire que les docteurs ont la possibilité de passer l'ENA ?

A ma connaissance, les grands corps, c'est au cas par cas : l'INSEE a en même temps un concours d'accès X, un petit concours ENS (comme tous les corps techniques), un concours externe et un concours interne. Par contre, le corps des assurances n'a comme voie d'accès que le concours X, ENS et un concours externe.

Et je ne parle que des corps ENA qui, le plus souvent, ne permettent, en gros, que l'ENA et le tour extérieur pour intégrer...

Bref, pas de concours "docteurs" dans les grands corps...

J-E a dit…

Vous auriez fait une excellente ethnographe, on s'y croirait. Peut-être nous en apprendrez-vous plus un jour sur la tribu des gentils mogwaïs, dont on ne sait pas grand chose finalement.

Quelqu'un s'est-il déjà livré à une analyse coûts/bénéfices sociaux des colloques en général ? Je dis bien bénéfices sociaux, parce que se rencontrer entre gens zinfluents du monde politique et du monde économique (tout en invitant des peluches pour avoir une caution scientifique), ça a toujours des bénéfices privés.

Emmeline a dit…

Bis repetita : "Cimon, ils leur sont déjà ouverts (au sens où parmi les conditions de passage ne figure pas "ne pas avoir de doctorat"), mais j'imagine que vous vouliez dire pas en tant que docteurs". J'ai fait exprès de mal interpréter... parce que ca me rappelait un peu les cris d'orfraie des fumeurs en janvier, comme quoi on leur interdisait à jamais l'accès aux bars - alors qu'à ma connaissance on n'exige pas de carte d'identité barrée d'un "non fumeur" en rouge pour y pénétrer.

Au passage, on peut passer l'ENA comme universitaire, d'abord parce qu'il suffit de n'importe quel bac+5 pour le concours externe (a fortiori un bac +8 donc), ensuite si on a été par exemple allocataire salarié d'Etat 3 ans puis MC 2 ans, car on peut alors passer le concours interne.

Gizmo a dit…

@Emmeline#1 : Gizmo a entretenu effrontément la confusion, mais la lectrice vigilante que vous êtes l'a démasquée : ce n'est pas la peluche qui a été invitée, mais l'avatar universitaire (et encore, même pas elle, l'avatar n'était qu'en représentation de son Président de l'UdO). Ceci étant Gizmo ne s'est pas privée d'aller fouiner du côté du coin des blogueurs : un amphithéâtre aveugle en sous-sol (amphi Carnot pour les connaisseurs) leur avait été assigné. Quand Gizmo s'y est pointée, une cinquantaine de blogueurs (en majorité des jeunes hommes) s'affairaient derrière leur écran de portable. Sur le tableau, étaient indiqués tous les codes d'accès, de sorte que Gizmo aurait très bien pu se joindre à la fête (aucun vigile ne filtrait l'entrée). Quant aux petits fours, c'est autant une question de scrupules boboiïsants que de surcharge pondérale temporaire à éliminer…
@J-E : Gizmo ne sait pas. Sûrement que cela doit exister. Ceci étant, l'université d'été du MEDEF n'est pas un colloque, mais une opération de marketing du patronat. Comme le coût social est quasi-nul (les frais de déplacement de quelques Gizmos égarées), même si le bénéfice social est faible, le bilan est positif.
@Cimon : Gizmo s'est permis de faire un peu de ménage dans vos commentaires. Pour ce qui est du doctorat, le propos est le suivant : tout le monde (vous et Emmeline aussi ?) trouve normal que les cadres de la haute fonction publique soient des ingénieurs. Il ne faut en conséquence pas s'étonner que, par des effets de réseaux sociaux et de tropisme personnel, l'ingénieur soit socialement plus valorisé que le docteur. Il ne s'agit pas de vouloir transformer tous les ingénieurs en chercheurs, mais d'exiger de l'élite (qu'elle exerce ensuite dans le public ou le privé) qu'elle soit a minima sensibilisée à la démarche scientifique (autonomie de pensée, problématisation des questions, méthodologie, doute etc…). Pour ce faire, il faut également que les directeurs de thèse modifient leur pratique d'encadrement. Quant à votre question finale (au fond, est-ce si important d'avoir des prix Nobel), Gizmo partage entièrement votre remarque : la densité dans le dernier percentile (voire le dernier décile) paraît autrement plus cruciale. Mais bien sûr, comme il s'agissait de "voir en grand", ce type de remarque est typique du caractère looser français…

Emmeline a dit…

Non non Emmeline ne trouve pas normal que tous les cadres de la haute fonction publique soient des ingénieurs, pas plus qu'elle ne trouve normale la sacralisation de la figure de l'ingénieur dans l'imaginaire collectif et médiatique français (quiconque, y compris Baverez ou David Douillet, peut s'autoproclamer "économiste" et passer pour tel dans ses tribunes sur Le Monde, mais essayez donc de vous attribuer le titre d'ingénieur...).

Je ronchonnais juste un peu devant cette tentative de remplacement d'un dogme par un autre (même si je sais que pour obtenir l'auriculaire il faut demander le bras, épaule de Pélops comprise). En revanche, si vous lancez une pétition pour exiger que chaque bac+5 ait rédigé un jour dans sa vie un mémoire de recherche (ou, for that matters, l'ouverture - non exclusive - des grands corps aux docteurs), je veux bien être la deuxième signataire !

Cimon a dit…

Promis, je gratte plus au symbole poubelle, même quand j'ai fait une fausse manœuvre !

Je me doutais bien qu'il y avait un côté provoc' à parler des grands corps sur le campus de l'X ;-)

Je n'ai pas du tout la même vision des grands corps, qui sont soit techniques (issus de l'X), soit administratifs (issus de l'ENA), mais aussi issus de l'ENM et de l'ESM et assimilés. Reste le dernier des grands corps : les professeurs des universités, qui, en principe, peuvent accueillir les personnes venant du reste de l'administration, mais avec une pratique à mon avis marginale (pas forcément par corporatisme forcené d'ailleurs : les salaires pratiqués pourraient aussi être une variable explicative pertinente).

Quant à l'ingénieur plus valorisé que le chercheur, on peut se demander si les grands corps valorisent l'X ou si l'X valorise les grands corps, non ?

Pierre Maura a dit…

Emmeline a dit :
"quiconque, y compris Baverez ou David Douillet, peut s'autoproclamer "économiste" et passer pour tel dans ses tribunes sur Le Monde, mais essayez donc de vous attribuer le titre d'ingénieur..."

Alors là, bien d'accord. Les ingénieurs ont droit à la puissante Commission des Titres d'Ingénieurs depuis plus de 70 ans, et gare à celui qui voudrait usurper le titre. Cela doit surement contribuer à renforcer le capital symbolique (oulala, je vais encore me faire taxer de bourdivin) des ingé. Par contre il est clair que même moi (pas besoin d'aller chercher Douillet) avec ma pauvre maîtrise qui vaut pas grand chose je pourrai me faire passer pour sociologue sans que personne ne trouve rien à redire.

Cimon a dit…

Hou là là, c'est haro sur l'ingénieur. Je suis assez étonné par ce que je lis (ce qui ne veut pas dire que ce soit faux).

Il me semble que, justement, n'importe qui peut dire qu'il est ingénieur. Ingénieur en sociologie s'il a envie, ou bien ingénieur maison, ou bien ingénieur Maura... On est ingénieur, pas ingénieur diplômé, quoi...

Par contre, il ne pourra pas dire qu'il détient un titre d'ingénieur reconnu par la commission des titres, et encore moins dire qu'il est ingénieur des mines ou centraliens, parce que ce seraient des marques déposées.

Il me semble qu'au contraire "docteur" est protégé.

Ceci dit, le titre d'ingénieur, c'est surtout pour éclairer une asymétrie d'information : on sait ainsi que le titulaire du titre a bossé comme un fou pendant 2 ou 3 ans, puis a picolé de manière intensive pendant les 3 années suivantes (4 pour ceux qui ont franchement abusé).

Emmeline a dit…

Tsk, Cimon, déformation professionnelle : je ne parlais pas de l'acceptation (non l'acception) légale du titre, mais bien de son équivalent médiatique. Je suis sûre que tout le monde aurait hurlé si Mafeco s'était appelé "ma femme est une ingénieur" - j'ai pourtant à peu près autant de titres à l'ingénie qu'à l'économitude ! (soit pas beaucoup)

"Ingénieur" est devenu un signe d'élection des dieux - l'ENSAE se rengorge d'ailleurs haut et fort d'être devenue école d'ingénieur, mais essayez donc d'y faire de la chimie.

[Pis vous savez, y a aussi des écoles d'ingénieur en 4 ou 5 ans après le bac, espèce d'élitiste autocentré !]

Chère hôtesse, si vous trouvez que nous abusons du HS, je suis désolée...

Maurice Lanselle a dit…

Ce lecteur est déçu que Gizmo n'ait pas choisi un sujet plus "business" pour sa visite touristique au Medef, mais peut être n'y en avait-t-il pas?

Il a fait ses études (jusqu'à présent) aux Etats-bleus-rouges-et-indécis et ne participera pas à la discussion sur les statuts relatifs des diplômes en France. Mais il a quitté son école d'ingénieur (en Californie) parce qu'il fallait faire un (hi hi, le contrôle d'orthographe laisse passer) thèse trop théorique. Et il a rencontré en France, par la ROADEF, des enseignants et doctorants des écoles de mines, ENST, et autres, qui sont autant (voir plus) ingénieur que lui. Il a du mal à supposé les ingénieurs insensible à la recherche. Mais il ne connait pas tout le monde.

Même si ce lecteur ne comprend pas pourquoi le Medef organise une table ronde sur ce sujet, ni pourquoi Gizmo l'a choisi, il est aussi déçu que Gizmo n'ait fait aucun lien avec le sujet "prédiction des médailles olympiques." Si nous admettons que c'est mieux de recevoir plus de prix Nobels (pourquoi, pour le Medef c'est mieux, il s'interroge encore), pouvons-nous appréhender les facteurs clé pour y arriver?

A première vue, les modèles pour le sport ne marchent pas du tout pour l'intellectuel: la Chine n'a presque pas de prix Nobel, quoique c'est peut être qu'une question de temps, et la Russie bien moins que l'on pourrait s'imaginer leur est dû (faute de n'avoir publié des articles en anglais de 1945-1989, supposons).

Cela dit, on n'a pas précisé quels prix Nobel: il semble (source Wikipedia) que la France est... encore première en littérature, et pas mal placé en paix. Que demande le Medef?


P.S. The Numbers Guy du Wall Street Journal a noté que Sports Illustrated a fait de meilleurs prévisions avec son approche sport par sport.

Anonyme a dit…

Un autre compte-rendu assez révélateur de l'ambiance :

http://www.humanite.fr/2008-09-02_Politique_Le-meilleur-des-mondes

Tom Roud a dit…

Oui, moi aussi je milite pour l'ouverture des grands corps de l'Etat aux docteurs !

En tous cas, je vois que l'X poursuit sa mutation en business school. A quand la transformation de l'amphi Poincaré en amphi Ghosn ?

Anonyme a dit…

Je repasse à l'occasion de liens en commentaires ici et là, et, par cette matinée de samedi où je ferais mieux de faire autre chose, je me dis qu'en fait, cette université d'été du graaaannnnd patronat, j'y serais bien allé juste pour le plaisir de voir "IRL" la fameuse Gizmo.

Mais, en fait, deux choses :
1. je n'aurais pas lu avec le même plaisir ce billet ;
2. Je sais que je vais créer des occasions de remplir cet objectif de rencontre...

NV (formerly known as...)

FrédéricLN a dit…

Beau reportage, et d'un silence éloquent !

(à propos, pourquoi la France ? … mais j'ai bien noté la réponse intérieure de gizmo.)

anniversaire a dit…

super blog, j'adore vos articles et reportages
bonne continuation
Jean Paternin

Noel a dit…

Bon article, très interressant, je vous félicite vivement pour votre blog.
je vous souhaite une bonne continuation et longue vie à votre site
à bientôt

frank