vendredi 12 août 2011

Wyplosz vs. Lordon

L’actualité économique, particulièrement riche de rebondissements, offre simultanément deux articles en opposition de style et de fond. D’un côté, la rigueur désincarnée de Charles Wyplosz qui soutient que les marchés ne sont ni fous ni méchants, et que ce sont les gouvernements qui sont irresponsables. Si l’Etat français n’a pas l’apanage de l’irresponsabilité, il aurait montré sa pusillanimité en adoptant une « règle flasque » plutôt qu’une règle budgétaire constitutionnelle à l’allemande.

De l’autre côté, la prolixité humaniste de Frédéric Lordon qui déroule avec talent le scénario de la crise des dettes, privées et publiques, pour finir sur une note optimiste : le néolibéralisme financier s'effondrera par la dette, et sur ces ruines on refondera un nouveau système en réinventant « des structures bancaires qui à la fois échappent aux prises d’otage de la banque privée et dépassent la forme « nationalisation » vers un système socialisé du crédit » et en réduisant « au minimum minimorum la structure des marchés de capitaux pour lui ôter tout pouvoir de nuisance et d’usurpation ».

Quant à Gizmo, si elle partage le diagnostic de Lordon, elle pense que le Grand Soir n’est pas pour tout de suite, et que la décision du Federal Reserve Board ne fait que préparer l’éclatement de la prochaine bulle… en 2013. D’ici là, les français auront peut être appris à aimer les règles d’or, et les allemands les bisous. Question de cultures...

1 ça se discute...:

Anonyme a dit…

Vous êtes de retour... c'est bien.

Personnellement, les raisonnements de Lordon, que j'ai découvert très récemment, me séduisent ; sa logique est difficilement réfutable, sauf à se remplir les poches avec fonctionnement actuel du "système".

N.B. : les Français, les Allemands.