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jeudi 28 août 2014

Le bitcoin, frappé au coin du mauvais sens


Philippe Marini, sénateur UMP président de la commission des finances du Sénat, et François Marc, sénateur PS (et néanmoins cher collègue) ont produit le 23 juillet 2014 un rapport d'information sur « Les enjeux liés au développement du Bitcoin et des autres monnaies virtuelles ». Le rapport se présente sous la forme d'une page de « conclusions et recommandations » (en français et en anglais), suivie d'une première partie de 11 pages qui constitue le rapport lui-même et d'une seconde partie d'annexes, subdivisée en une étude comparative de 50 pages réalisée par la Direction générale du Trésor et un verbatim de 24 pages d'une séance d'audition d'experts réalisée en janvier 2014. Il se conclut par le texte de présentation des deux sénateurs devant la Commission des finances.

Autant le dire d'emblée, la qualité du rapport, et des informations qu'il véhicule puisque tel est son objet, tient plus dans les annexes que dans le rapport proprement dit. Le décalage est même saisissant entre les propos des experts auditionnés et la synthèse qui en est faite par les deux rapporteurs. Comme si, ne voulant pas laisser passer le train de la technologie, les sénateurs s'engageaient avec un enthousiasme juvénile dans une aventure qui a en définitive plus avoir avec du pied nickelage qu'avec la macroéconomie monétaire.


Le bitcoin, objet de fantasmes

Le bitcoin contient tous les ferments du concept qu'on ne peut critiquer sans se faire taxer d'incompétence ou d'esprit rétrograde. Il y a de la technologie (du code, de la cryptographie, des plateformes en réseaux) et il y a, au moins en apparence, de la monnaie, elle-même objet de tous les fantasmes. La lecture du verbatim de l'audition conjointe des six experts sollicités (Mme Delphine d’Amarzit, chef du service du financement de l’économie de la direction générale du Trésor, MM. Denis Beau, directeur général des opérations à la Banque de France, Jean-Baptiste Carpentier, directeur du service Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins (TRACFIN), Jean-Michel Cornu, directeur scientifique de la fondation Internet nouvelle génération (FING), Jean- Paul Garcia, directeur national du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), et Gonzague Grandval, président de Paymium SAS) est pourtant édifiante.

Invité à s'exprimer le premier, Denis Beau souligne d'emblée que « le terme de « monnaie » ou « de moyen de paiement », appliqué aux bitcoins est largement un abus de langage pour des raisons à la fois économiques et juridiques. » En effet, le bitcoin et plus généralement les « monnaies virtuelles » n'ont pas l'attribut essentiel d'une monnaie à savoir la capacité à éteindre instantanément et sans contestation possible une dette. Prenons un exemple simple : dans votre boulangerie préférée, la baguette est vendue un euro. Si vous voulez acquérir une baguette, et que vous donnez une pièce de un euro à votre boulangère, vous avez instantanément et définitivement payé votre achat. Eventuellement, si la boulangère est scrupuleuse, elle aura attentivement scruté votre pièce afin de déterminer si cette pièce n'est pas falsifiée ou si elle ne présente pas une ressemblance avec une autre pièce (ce qui n'est d'ailleurs pas si simple que cela : il y a 18 pays européens membres de la zone euro, et chaque euro a une face européenne commune, et une face nationale spécifique... sans compter les euros émis par Andorre, San Marin, Monaco et le Vatican). L'euro a servi dans cette transaction d'unité de compte (toutes les valeurs des biens vendus dans la zone euros sont exprimées en euros) et d'intermédiaire de l'échange (un euro a été remis et accepté en échange d'une baguette). On dit que l'euro a cours légal dans la zone euro : votre boulangère ne peut refuser l'euro que vous lui remettez en paiement de votre baguette. Elle peut éventuellement vous refuser le chèque de un euro que vous souhaiteriez lui faire, ou le paiement par carte bancaire ; comme seul l'euro a cours légal en France, elle peut aussi vous refuser une livre sterling (même si une livre vaut aujourd'hui plus qu'un euro), car la livre n'a pas cours légal en France. Et ce qui fait que l'euro a cours légal, c'est la garantie apportée par la puissance publique, même si le passage à l'euro a distendu le lien entre monnaie et Etat.


La métaphore minière, un bon filon

Qu'en est-il du bitcoin ? Alexandre Delaigue a clairement expliqué dans ce billet en quoi le bitcoin contient les germes de son échec. Puisque le bitcoin emprunte à la terminologie minière, filons (ah, ah...) la même métaphore. Au départ, se trouve un inventeur qui créé un objet informatique (une chaîne de codes d'instruction) qu'il appelle bitcoin et dont il garantit la valeur comme monnaie : autrement dit, il garantit à ses détenteurs futurs que cet objet informatique leur permettra d'acquérir des biens ou des services. En ce sens, le bitcoin comme n'importe quelle monnaie repose sur la confiance dans son pouvoir libératoire : j'admets la fiction selon laquelle, ce bout de métal, ou ce bout de papier s'il s'agit d'un billet, ou cette ligne d'instructions s'il s'agit du bitcoin, me permettra de payer mes achats, c'est-à-dire d'éteindre la dette qui me lie temporairement à un commerçant qui me vend sa marchandise. Le géniteur initial (on parle de genesis block pour la première série de bitcoins créés) doit réussir à convaincre les mineurs suivants de poursuivre l'oeuvre, de la même manière qu'un propriétaire de terrain aurifère louerait son terrain pour permettre à de nouveaux orpailleurs d'extraire de nouvelles pépites. Et de la même manière que sur un site donné, les rendements en or sont décroissants (plus la rivière est tamisée, moins on y extrait de pépites), le rendement de la production de bitcoins est décroissant, car la sécurisation de chaque production de bitcoin se fait à coût croissant. En effet, la production de bitcoins repose sur la validation de transactions effectuées en bitcoins, comme si l'extraction de nouvelles pépites d'or n'était validée par le propriétaire de la mine que dans la mesure où les pépites d'or antérieurement découvertes avait permis des transactions. Dans le système bitcoin, la seule manière de créer des bitcoins est de rémunérer en bitcoins les codeurs capables de valider des transactions en bitcoins. Et le code source du système bitcoin prévoit une décroissance exponentielle de la rémunération en bitcoins : aujourd'hui, la rémunération s'élève à 25 bitcoins, et le système ne produira plus de bitcoins vers 2040, date à laquelle le montant maximal de bitcoins sera atteint, avec 21 millions de bitcoins en circulation. Le parallèle entre l'orpaillage et le « bitcoinage » est d'ailleurs saisissant : à la technologie individuelle dans laquelle quelques amateurs éclairés pouvaient s'engager au début dans l'aventure a succédé une technologie artisanale, et désormais une véritable technologie industrielle en recherche de rendements non (trop rapidement) décroissants.

Retour aux fondamentaux : qu'est-ce qu'une monnaie ?

On voit bien que cet apologue souligne l'inanité du dispositif au regard des fonctions usuelles d'un système monétaire. En effet, une monnaie remplit essentiellement deux fonctions : unité de compte et intermédiaire des échanges. La grande majorité des manuels d'économie ajoutent une troisième fonction, celle de réserve de valeur ; en réalité, la dernière fonction n'est pas essentielle, au sens où elle se comprend dans un cadre intertemporel : la monnaie n'est réserve de valeur aujourd'hui que parce qu'on sait (ou plutôt, qu'on anticipe) qu'elle sera intermédiaire des échanges demain. Le bitcoin est-il une unité de compte ? Oui, en première instance, si on admet qu'on peut mesurer la valeur des biens en bitcoins. Au cours du 25 août 2014, une baguette de pain vaut environ 0,0026 bitcoin. Le problème est que la valeur du bitcoin varie tous les jours par rapport aux monnaies qui ont cours légal. Et c'est cette instabilité de la valeur de l'unité de compte qui pose problème, un peu comme si on tentait de déterminer qui détient le record du monde du 100m, alors que certains coureurs évolueraient sur une piste de 90m et d'autres sur une piste de 110m1. Certes on pourrait objecter que l'euro fluctue aussi vis à vis du dollar (et de toutes les autres monnaies) ; mais ce qui fait la qualité de l'euro en tant qu'unité de compte dans la zone euro, c'est qu'il a cours légal. Le bitcoin est-il un intermédiaire des échanges ? Ici encore, le fait que le bitcoin n'a pas cours légal limite son pouvoir libératoire dans les transactions : nul n'est tenu d'accepter le bitcoin en paiement. En droit, le bitcoin n'est pas un moyen de paiement au sens du Code monétaire et financier. Et de fait, la valeur des bitcoins émis, et le nombre de transactions en bitcoins, sont limités, même si les zélateurs du bitcoin soulignent que de nombreux e-commerçants acceptent le bitcoin comme moyen de paiement, et même des universités acceptent le paiement des frais d'inscription en bitcoins.

L'intervention de Denis Beau , auditionné, se conclut d'ailleurs sur cet échange savoureux :
« M. Philippe Marini, président. – Je vous poserais une question très simple : le bitcoin est-il de la fausse monnaie ?
M. Denis Beau. – Ce n’est pas une monnaie. »


Le "système bitcoin" comme technologie de certification

Alors, si le bitcoin n'est pas une monnaie, qu'est-ce que c'est et pourquoi vouloir en réguler l'émission ? Juridiquement, comme le soulignent les annexes du rapport sénatorial, selon les caractéristiques de leur droit général, les Etats ont des qualifications juridiques différentes du bitcoin : tantôt monnaie électronique, tantôt bien numérique... Et c'est vrai que la question de qualification juridique n'est pas neutre, car elle a des implications fiscales : un compte en bitcoins est-il soumis à l'ISF ? Une transaction en bitcoins est-elle soumise à la TVA ? aux droits de douane ? aux plus-values de cessions sur titres financiers ? aux dispositifs de lutte anti-blanchiment d'argent ?

En réalité, l'attrait, voire la fascination, pour le bitcoin tient plus, non pas à sa nature même, qu'à la technologie qui sous-tend la certification des transactions effectuées en bitcoins. Et de ce point de vue, il faut bien admettre que les procédés cryptographiques permettant de certifier qu'un bitcoin une fois émis ne peut servir en même temps à deux transactions différentes (de la même manière, que vous ne pouvez pas acheter chez votre boulangère un pain au chocolat et une brioche avec la même pièce de 2 euros...) sont astucieux. Et c'est précisément cette technologie de certification qui semble avoir séduit les rapporteurs sénatoriaux. Alors que, de mon point de vue, la technologie des plateformes d'échanges électroniques n'est pas une question essentielle : au niveau macroéconomique, la question de la création de bitcoins est plus importante que la question de leur circulation. Et d'ailleurs, le rapport sénatorial souligne bien que, si les transactions en bitcoin (circulation) sont parfaitement sécurisées, en revanche, la détention de bitcoins (création/destruction) ne l'est pas puisqu'in fine, les bitcoins sont détenus sur des supports physiques (clefs usb, disques durs, serveurs...) qui ne sont pas inviolables. Autrement dit, si chaque transaction en bitcoin est irréversible, certifiée, et indiscutable, il est tout à fait possible de perdre sa richesse en bitcoins, en perdant le code d'accès à son compte bitcoin (sa clef privée) ou en jetant un vieux disque dur plein de soda .

Décentralisation vs. centralisation de la gestion de l'offre de monnaie : le paradoxe bitcoin

Initialement, dans une perspective libertaire, le « système bitcoin » (entendu comme combinaison d'une monnaie et d'une technologie de paiement) visait à s'affranchir de la nécessité d'une régulation centralisée et publique de l'offre monétaire. Le minage décentralisé, dans lequel n'importe quel agent économique peut créer un bitcoin, et la circulation décentralisée du bitcoin sur internet, dans laquelle aucun acteur ne prélève de commission, a l'apparence du libéralisme économique. En réalité, même si son concepteur l'avait envisagé sans y croire vraiment, la technologie de minage n'échappe pas à la loi des rendements décroissants de sorte que les fermes de minage se concentrent désormais jusqu'à peut-être atteindre la part de marché fatidique des 51 %2, à partir de laquelle une entité privée détiendra le monopole de la certification des transactions en bitcoins, et partant de leur émission monétaire. Ironique paradoxe à l'heure où les banques centrales sont fustigées pour le déficit démocratique (réel ou allégué...) de leurs décisions

Le « système bitcoin » est donc doublement voué à l'échec. Sur un plan technologique, pour s'affranchir des rendements décroissants, sa production se concentrera aux mains d'un nombre restreint d'opérateurs, voire un opérateur unique. Et on ne voit pas ce que les démocraties gagneraient à transférer le pouvoir de création monétaire à un monopole privé. Sur un plan monétaire, l'instabilité substantielle du bitcoin rend périlleuse sa demande comme moyen de paiement, et partant hautement spéculative sa détention comme réserve de valeur.

Complément : le texte original de Wei Dai est ici.

1 Ok, je sais, dans tous les cas, c'est Usain Bolt...
2 Un mineur prend le contrôle de 51 % des nœuds du réseau.

12 commentaires:

  1. Je pense moi aussi que l'enthousiasme pour les monnaies virtuelles (qui ne sont qu'à leurs débuts, ne jugeons pas définitivement) dépasse leur applicabilité réelle, en raison d'un mélange d'utopie libertarienne et de technophilie.

    Un point faible de l'article: la possibilité de destruction, notamment accidentelle, de la monnaie. Il est aussi stupide de garder les données justifiant de la possession de bitcoins sur un unique support que, pour une entreprise, de garder des données importantes sur un unique support (ou dans un unique local pouvant être incendié ou cambriolé)... ou pour un étudiant de garder copie de son mémoire en cours de rédaction sur son ordinateur portable uniquement. Les solutions sont connues: supports multiples, sauvegarde dans le Cloud...

    (Certes la sauvegarde des données dans le Cloud pose la question de la garde des clefs cryptographiques permettant de les réutiliser. Si on oublie ses mots de passe... mais rien n'interdit de les déposer dans un coffre à la banque.)

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  2. J'ai l'impression que la démonstration du fait que le bitcoin n'est pas une monnaie est un peu circulaire : "mais ce qui fait la qualité de l'euro en tant qu'unité de compte dans la zone euro, c'est qu'il a cours légal. Le bitcoin est-il un intermédiaire des échanges ? Ici encore, le fait que le bitcoin n'a pas cours légal limite son pouvoir libératoire dans les transactions : nul n'est tenu d'accepter le bitcoin en paiement. En droit, le bitcoin n'est pas un moyen de paiement au sens du Code monétaire et financier. Et de fait, la valeur des bitcoins émis, et le nombre de transactions en bitcoins, sont limités"
    Le bitcoin n'a pas cours légal, donc il n'est ni une unité de compte ni un intermédiaire des échanges, donc ce n'est pas une monnaie, donc il n'aura pas cours légal. Qu'ai-je loupé ?
    Pour la destruction accidentelle de la monnaie ce n'est pas très différent des billets de banque non ? S'ils brulent, je pers mon argent.

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  3. Avant de regarder Bitcoin comme une monnaie considérons-le comme un moyen de paiement. « Nul n'est tenu d'accepter le bitcoin en paiement »... de même que nul n'est tenu d'accepter la Carte Bleue ou Paypal.

    Envisagé ainsi, ses avantages apparaissent clairement :
    - il est supérieur aux autres moyens de paiement à distance parce que ses frais de transaction bien plus faibles, parce qu'il est accessible aux populations non bancarisés et parce qu'il n'appartient pas à une société privée ;
    - il est supérieur aux espèces car les transactions sont traçables et enregistrées sur un registre public.

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  4. Quelques remarques à la volée(parce que votre billet ne mérite pas vraiment un commentaire très étayé...).

    Vous préjugez de l'avenir des monnaies digitales au regard des défauts de la première,c'est un peu comme si au début du siècle dernier vous aviez condamné l'automobile à la seule vue du 1er prototype...
    Je pourrais ainsi multiplier les exemples;le 1er ordinateur,les 1ers téléphones "portables",ou plus récemment la 1ère transplantation d'un coeur artificiel.
    Que le quidam ignore ou méprise le bitcoin on peut le comprendre,et lui pardonner,mais qu'une économiste ne fasse pas preuve d'un peu plus de discernement,ou à minima de prudence(face à une innovation technologique balbutiante),c'est confondant...

    Pis,vous n'avez manifestement pas compris Bitcoin,que vous réduisez à une monnaie et à un protocole permettant de certifier les transactions.En réalité il faut distinguer Bitcoin et bitcoin.Bitcoin(disons b majuscule) est un protocole d'échange de pair à pair,"peer to peer",décentralisé.Bitcoin(b minuscule),la monnaie,est à la fois indispensable au protocole et en même temps une application(parmi tant d'autres).Même si bitcoin n'a pas à vos yeux les attributs d'une monnaie il ne devrait pas disqualifier le protocole.

    - La volatilité
    On peut penser que la volatilité importante du bitcoin est inhérente à sa jeunesse.D'autre part si elle un vrai problème elle n'empêche pas certains type d'opérations(le risque de change n'est supporté que le temps de la transaction).

    Le bitcoin n'a pas cours légal.
    Le chèque non plus(!),et comme le note très justement l'auteur du commentaire précédent la CB ou Pay Pal non plus,est ce que pour autant ces moyens de paiements sont eux aussi "frappés au coin du mauvais sens"?
    ...

    Le risque de perdre ses bitcoins
    Là encore un des commentateurs vous fait remarquer que l'on peut perdre son portefeuille...
    Ce risque peut conforter le système bancaire "traditionnel"(détenir sur une clé USB son épargne ou le produit de la vente de son appartement serait un peu aventureux...),mais aussi favoriser de nouveaux services financiers,en tout état de cause il ne condamne pas bitcoin.

    Le risque des "51%"
    Les partisans du bitcoin sont persuadés que la communauté sera capable de s'autoréguler(de fait récemment elle a éloigné cette menace).Si cette question est déterminante pour l'avenir du bitcoin(et donc de Bitcoin)elle ne l'est pas pour l'avenir des monnaies digitales(et évidemment pour celui de l'échange de pair à pair décentralisé) puisque le protocole qui régit plusieurs d'entre-elles établit des règles différentes qui rendent ces "attaques" impossibles.

    En somme il ne reste pas grand chose de votre charge contre les monnaies digitales(sous couvert de la critique de la 1ère d'entre-elles),sinon une position politique à peine voilée...

    Marc

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  5. 1. vous parlez de "garantie apportée par la puissance publique" (s'agissant de l'euro) sans expliciter ce que vous entendez par là? Pouvez-vous élaborer svp?

    2. Le fait que la seule façon de créer des nouveaux bitcoins soit le minage ne signifie pas que la seule rémunération du minage soit la création de bitcoin. Les transactions sont également rémunérées par un fee de transaction (en bitcoin) volontairement proposé par l'émetteur de la transaction. Aujourd'hui le fee représente en moyenne environ 1/3 de la rémunération des mineurs et le seigneuriage les 2/3 restants.

    3. Vous affirmez sans le justifier que la diminution des rendements du minage entraînera sa concentration. D'abord votre prémisse est invalidée par mon point 2. Ensuite, vous semblez ignorer que le difficulté du minage varie selon le protocole pour matcher l'offre de minage. Enfin, rien n'indique qu'une baisse de la rentabilité de l'activité de minage entraînera sa concentration; dans la mesure où l'énergie représente l'essentiel des coûts du minage, on peut imaginer au contraire une incitation à la décentralisation avec des mineurs qui "pirateront" l'électricité de leur fac, de leur employeur ou de leurs parents.

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  6. Premièrement, vous enfumez les lecteurs avec la soit disant incapacité du bitcoin de pouvoir à éteindre complètement et instantanément une dette. Et bien on peut dire exactement la même chose de l'or. L'or n'a cours légal dans aucun pays. Si vous vous présentez dans une pizzeria avec un lingot d'or, le pizzaiolo a parfaitement et légalement le droit de refuser de vous servir. Il a aussi parfaitement le droit d'afficher sur la devanture de son magasin : "ici nous acceptons l'or, les bitcoins et les euros.".
    La garantie sur les transactions apportée par la puissance publique, j'aimerais que vous développiez le sujet plus en profondeur. Si comme je le pense cela concerne la sécurité des transactions cela n'a pas lieu d'être avec le bitcoin. La seule différence est que le propriétaire d'un bitcoin est pleinement responsable de son avoir et des transactions émises. S’il l'envoie vers une adresse n'existant plus, c'est dommage pour lui. Et ça n'est pas un bogue, c'est une fonctionnalité. L’utilisateur devient sa propre banque et moyennant quelques connaissance techniques il est totalement anonyme et propriétaire de ses transactions. Ce qui devrait être le cas dans une démocratie garantissant le secret bancaire.







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  7. Deuxièmement, quand vous vous attaquez au problème de la création de bitcoin qui semble vous interpeller, je n'arrive pas a croire que vous ayez creusé le sujet. Avez vous déja essayé de savoir comment fonctionne le minage ?
    La garantie qui est apportée par le protocole est que la courbe d'émission a été définie par le programmeur une fois pour toute au moment ou il l'a programmé. Et on ne le répetera jamais assez, une fois qu'une crypto monnaie correcte (dont le code est disponible et ouvert comme pour Bitcoin ) a été émise, PLUS PERSONNE ne peut changer sa courbe d'émission. Même pas le gouverneur de la FED ou celui de la banque de France. C'est ça le plus gros avantage économique du bitcoin a mon humble avis (d'informaticien ayant bossé dans le bancaire). Au fond rien n'oblige un consommateur a faire confiance a des mamouths comme la BNP Parisbas par exemple. Rien n'oblige un citoyen de quelque pays que soit (occidental ou pas) a faire confiance au banquiers. Libre a vous d'accorder votre confiance a qui vous voulez. Mais personnellement j'ai plus de confiance en un protocole informatique immuable et largement testé qu'en la parole de n'importe quel être humain surtout si il a le pouvoir et une banque (ou les deux quand on regarde l'UMP et le nombre effarant de banquiers qu'on retrouve dans ce parti)

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  8. Troisièmement, les fluctuations qui sont soit disant un problème. Supposons qu'on prenne comme mesure de la valeur d'une monnaie un bien dont on ne peut nier l'utilité. Par exemple un baril de brut (l'essence étant incorporée peu ou prou dans tout les biens de consommations connus on ne peut nier son utilité) et qu'on exprime la valeur d'une monnaie en fonction de la quantité d'essence qu'on puisse acquérir (avec la garantie de l'état et le sacro saint pouvoir libératoire de la monnaie ayant cours légal).
    Et bien vous verriez les jolies variations que vous pourriez en obtenir.
    De plus le bitcoin est régit par la loi de l'offre et de la demande et cela est connu de tout les utilisateurs depuis le début. Il ne s'agit pas d'un défaut de conception, il était prévu qu'il en soit ainsi.
    Si on regarde l'histoire du bitcoin on peut voir qu'il y a eu des hausses provoquées par la spéculation, des baisses provoquées par l'action de certains gouvernement, des scandales divers et varié.
    En gros c'est la même chose que pour la monnaie fiduciaire classique. Le bitcoin n'a rien inventé et ca ne va pas changer le monde. C'est une monnaie. Ca peut aussi servir a acheter des armes et de la drogue. Ou des pizzas. Laissez tomber le jugement moral, l'histoire de la finance et de l'argent est jonchée de cadavres.

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  9. Quatrièmement et dernièrement, le rendement du minage. C'est ici que ça fait le plus mal.
    Le rendement du minage, puisque vous ne le définissez pas, il va falloir que je le fasse, est le rapport entre deux quantités : l'investissement d'un coté (constitué de l'achat du mineur et de l'électricité) et le bénéfice produit.
    la puissance de travail d'un mineur de bitcoin s'exprime en GH/s et donc le problème qui préoccupe le mineur est le cout du GH/s. Ici ca va devenir plus compliqué car il faut savoir comment fonctionne les fonderies de circuits imprimés pour comprendre. Et comment on prototype un ASIC, ce qui fait qu'on doit commencer par graver en 55 nm puis en 40 pour finir a 28 ou 20 dans le meilleurs des cas. Après ca il faut aussi pouvoir en sortir une relation entre finesse de gravure, consommation d'électricité, puissance de calcul et production effective de bitcoin. Et de là pouvoir calculer ou estimer quand un mineur qui est disponible sur le marché sera obsolescent ou pas. En tant que mineur je m'amuse a ce genre de chose et je sais calculer avec précision quand je rentabilise.... ne vous en faites pas pour moi.
    De plus le cout de production du bitcoin garanti sa résistance a la baisse. Si on regarde l'historique du cours on peut voir que le seuil de résistance est de plus en plus haut. C'est la caractéristique qui m'intéresse le plus dans le bitcoin en tant que produit financier. Maintenant si vous regarder ce qui se passe en Chine par exemple, ou on trouve des hangars plein de mineur de bitcoins, votre raisonnement implique que ceux qui ont fait ça sont de joyeux gogols qui iront faire banqueroute. C'est assez peu crédible.
    De plus la fin sur le minage est assez gratinée : Les mineurs n'ont absolument aucun intérêt a acquérir 51 % du réseau. Les piscines minières (pools de minage pour ceux qui admettent le franglais) sont régulées par leurs membres. A partir du moment ou un pools approche de trop des 51 % et meme longtemps avant (35 %) les mineurs migrent vers des pools plus petits. Pour le mineur être sur un gros ou un petit pools n'a pas d'importance tant qu'il a un probabilité significative d'être payé. En tant que mineur je suis rétribué au prorata de la puissance de calcul que je fourni, le résultat serait le même que je sois sur une piscine de minage avec 24 % ou 6 % de la puissance totale du réseau au bout d'un temps raisonnable (15 jours).

    Enfin une dernière remarque nettement moins importante sur une affirmation qui revient systématiquement chez tout les auteurs d'articles sur le sujet. Le bitcoin n'est pas marqué politiquement. C'est un outil qui sert a transporter de la valeur. Il n'est pas de gauche ou de droite, pas libertaire ou libertarien, meme si certains mouvements politiques essaient de s'en emparer. C'est un protocole particulièrement bien foutu et testé.
    Libre a vous de l'utiliser ou pas.
    Mais de grâce si vous voulez écrire un article sur le sujet, par pitié fouillez un peu plus, documentez vous et faites des mesures. Concentrez vous sur les faits.

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  10. Oh yes A relire sans modération en 2017.
    Oui, on confirme, très très vaguement intelligent et très très con

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  11. Bon article.
    Voir aussi plus d'acticles concernant le bitcoin ici : www.frbitcoin.club

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