Le Premier ministre a confié une mission
sur la réforme de l’épargne financière aux députés Karine Berger et
Dominique Lefebvre. "Cette mission s’inscrit dans le cadre de la vaste
réforme du financement de l’économie française entreprise par le Gouvernement
afin de le rendre plus efficace et de le mettre au service de l’économie
réelle. La création de la Banque publique d’investissement, la prochaine loi
bancaire, mais également la réforme de l’épargne réglementée participent de cet
objectif. La réforme de l’épargne financière part du constat que l’allocation
de l’épargne pour le financement de l’économie réelle doit être améliorée. Les
propositions formulées à l’issue de cette mission s’intégreront dans la réforme
fiscale du Gouvernement qui vise à aligner la fiscalité des revenus du capital
sur celle des revenus du travail. Elles auront pour objectif d’offrir aux
épargnants une plus grande lisibilité et des financements plus longs aux entreprises.
Elles devront être rendues d’ici trois mois." Selon une méthode
maintenant bien éprouvée, l'exercice entre dans la
trilogie "une mission, un rapport, une réforme".
Bien, bien… Gizmo pense qu’en trois mois, c’est jouable…
Parce que les rapports sur l’allocation optimale du financement de l’économie
réelle, ce n’est pas ce qui manque... Alors, à jamais conquérante de l’inutile,
Gizmo propose une petite liste des rapports passés (toujours d’actualité, même
les plus anciens), avec des liens cliquables pour nos deux députés. Non, non,
ne remerciez pas Gizmo, c’est cadeau.
Parce que sur le fond, lecteur fidèle et choyé, tu sais ce que Gizmo en
pense : la raison d’être d’un intermédiaire financier (banque, assurance,
fonds de pension), c’est… d’intermédier ! En conséquence, s’il importe que
les entreprises disposent des financements appropriés dans leur volume et leur
structure (court terme vs. long terme, dette vs. action, taux fixe vs. taux
variable…), ce n’est pas aux ménages d’adapter la structure de leur épargne.
Sinon, si les préférences des épargnants coïncident exactement avec les besoins
des entreprises, à quoi servent les intermédiaires financiers ? [Le
premier qui répond : « à prendre des positions spéculatives sur les
marchés financiers en optimisant le high-frequency trading est invité à quitter les lieux…]. Le seul argument en
faveur d’une fiscalité plus favorable pour une épargne longue est de nature
paternaliste : protéger les consommateurs contre leur imprévoyance ou leur
imprécaution.
Liste (non exhaustive, Gizmo a elle-même un rapporticule sur
le feu, mais avec un peu d’habileté dans le copier/coller, le rapport de nos
deux députés pourrait être disponible sous quinzaine) des rapports sur
l’épargne des ménages et le financement des entreprises, par ordre chronologique :
Dautresme, D. « Le
développement et la protection de l'épargne », Rapport au Ministre de
l'Economie et des Finances, 1982.
Lebègue, D. « Fiscalité de l’épargne dans le cadre du
marché intérieur européen », Rapport des groupes de travail du Conseil
national du crédit et du titre, 1988.
Lambert, A. « Fiscalité de l’épargne »,
Rapport d’information n°82, Sénat, 1997.
Davanne, O., J-H. Lorenzi et F. Morin, « Retraites et épargne »,
Rapport pour le Conseil d’Analyse Economique, 1998.
Garnier, O. et Thesmar, D., « Epargner à long terme
et maîtriser les risques financiers », Conseil d’analyse économique,
2009.
Glachant, J., Lorenzi, J-H., Quinet, A. et Trainar, Ph., « Investissements et investisseurs
de long terme », Conseil d’analyse économique, 2010.
Baconnier, R. et al. « Développer
l’épargne de long-terme en France pour répondre aux attentes des ménages et
satisfaire les besoins de l’économie » Rapport, FFSA, avril. 2012.
Et si on estime que l'omelette qui sortira de toute cette littérature est
dangereusement libérale, on peut même ajouter des petits lordons…

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