Stéphane Ménia, du blog Econoclaste, a rendu un hommage à Bernard Maris, puis relayé un courriel de la revue Mondes sociaux encourageant la diffusion d'un hommage des collègues toulousains du LEREPS de Bernard Maris. Je m'associe évidemment à cette chaîne.
Au delà de tout ce qui a été écrit sur Bernard, son esprit critique, son immense culture, sa gentillesse et son humour, je voudrais témoigner de ce qu'il était aussi un authentique féministe. Je l'ai côtoyé au CNU dans les années 2000, et je me rappelle d'une session de promotions dans les trois grades du corps des professeurs (première classe, premier et deuxième échelons de la classe exceptionnelle). Comme toujours, la séance est tendue, les rapporteurs défendent des dossiers, les arguments sont échangés... On procède au vote, pour chacun des grades. A la fin de la séance, toujours ce même sentiment de frustration : le nombre de promotions possibles est trop faible, et des candidats de grande valeur ne sont pas promus.
Et à ce moment, la voix douce et chantante de Bernard se fait entendre, sans aucune agressivité : "Chers collègues, avez vous conscience qu'aujourd'hui, nous n'avons promu que des hommes ?". Alors bien sûr, on pourra dire qu'il y avait peu de candidates (à ce stade, le plafond de verre a largement fait son oeuvre), et que leurs dossiers étaient moins bons… Mais quand même, j'étais mortifiée et je n'ai plus jamais oublié.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire