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vendredi 1 janvier 2016

Pourquoi j'ai aimé Le monde est clos et le désir est infini de Daniel Cohen (et pourquoi je n'en ferai pas de note de lecture)

Ce que nous livre Daniel Cohen dans son dernier ouvrage Le monde est clos et le désir est infini est une compréhension large de la croissance économique. Dans une approche désormais désuète pour qui conçoit aujourd'hui le métier scientifique comme un approfondissement infini d'un objet de plus en plus étroit, Daniel Cohen prend le contrepied salutaire d'une analyse pluridisciplinaire, empruntant à l'histoire, l'anthropologie, l'ethnologie, la philosophie, et quand même aussi l'économie.

Je me considère comme le cœur de cible du lectorat, peut-être à tort si on admet que je suis (vaguement) économiste de profession. En tous cas, je n'ai qu'une connaissance rudimentaire de la paléontologie, de l'histoire longue, et de l'anthropologie, de sorte que j'ai beaucoup appris, notamment sur la quantification des temps (pré-)historiques. L'objectif de Daniel Cohen est double : d'une part de souligner que la croissance économique récente, pour faire simple celle depuis la révolution industrielle du 19e siècle, n'est qu'une parenthèse dans l'histoire humaine ; d'autre part, que ce constat ne doit pas nous incliner au pessimisme, mais au contraire nous donner une raison d'espérer, non pas d'une décroissance mais d'une création de richesse mieux partagée.

A vrai dire, si j'ai aimé ce livre, c'est parce qu'il est, au bout du compte, assez peu question d'économie. Ce qui en dit long sur la difficulté des économistes « standard » à comprendre les évolutions de long terme avec une grille traditionnelle (en gros, celle des modèles de croissance à la Solow, y compris saupoudrée de croissance endogène, de fluctuations et d'institutionnalisme). Et ce qui explique pourquoi je ne peux en faire une note de lecture (outre mon infinie paresse...) : je suis incapable d'en avoir une vision critique. Soit il est question d'économie, et je n'oserai pas le disputer à Daniel Cohen, soit il n'en est pas question, et je ne suis pas qualifiée pour le faire. Bon, allez, un petit bémol, sinon vous allez penser que ceci n'est que pure flagornerie : j'ai trouvé le chapitre sur la monnaie un peu bâclé.

En bonus, je recommande ce texte de Hoff et Stiglitz (même si j'imagine que les sociologues et les psychologues doivent se dire que, décidément, le désir d'impérialisme des économistes est infini...).

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